Quels sont les bénéfices pour la santé de l’alimentation crue


La réponse est longue dans ce domaine, tant la cuisine crue et végétalienne augmente notre capital santé et notre capacité de guérison. Voici ci-dessous une liste non exhaustive des bénéfices sur notre santé de ce mode de vie :

 

* L’importance des enzymes... La cuisson détruit les enzymes dont les aliments crus regorgent. Mais pourquoi les enzymes sont-elles si importantes ? Tout comme chez les plantes, les enzymes ainsi que l’eau, les vitamines, les minéraux et autres phytonutriments composent la force vitale de notre organisme. Elles sont les catalyseurs pour presque chaque fonction du corps. Les enzymes se distinguent en deux types : celles métaboliques qui gèrent tout notre organisme. En effet tous nos organes, tissus et cellules fonctionnent grâce à elles. Et celles digestives qui simplifient les substances nutritives que nous absorbons Ces enzymes sont des protéines qui optimisent et accélèrent certaines transformations dans notre corps. Elles sont nécessaires à la digestion et à l’assimilation de la nourriture que nous consommons.

 

Il est bon de savoir que tous les fruits et légumes contiennent des enzymes bénéfiques diverses et variées. Les jus de légumes frais ainsi que les graines germées représentent un potentiel enzymatique et nutritif incroyable, ce qui en fait les alliés rêvés pour régénérer notre organisme affaibli et allonger notre espérance de vie. En l’absence d’enzymes dans notre nourriture, le travail de pré-digestion et de digestion repose uniquement sur le capital enzymatique dont nous disposons, qui au fil des années s’épuise… et ne peut plus se consacrer aux centaines d’autres activités impliquées dans le bon fonctionnement de notre organisme. En effet lorsque vous surchargez votre corps avec des aliments morts, dénaturés, cuits, votre corps doit retirer de l'énergie de la production de ses propres enzymes métaboliques et utiliser cette énergie pour la production des enzymes digestives. C'est une des raisons pour lesquelles vous vous sentez fatigué, en nage, brumeux après un gros repas cuit. A l’inverse l'aliment cru est si facile à digérer que cela n'interfère pas avec la production des enzymes métaboliques. De nos jours, la plupart des personnes souffre d’une déficience en enzymes alimentaires ce qui est l’une des raisons de nombreuses maladies dites de civilisation comme l’obésité ou le diabète, et de maladies inflammatoires comme l’asthme ou l’arthrite. Ainsi en mangeant des aliments frais (proches de la récolte) et majoritairement crus nous maintenons un bon capital enzymatique directement lié à la jeunesse et à l’énergie vitale.

* L’abondance des nutriments... Le processus de cuire les aliments détruit les délicats nutriments des aliments que sont les vitamines, minéraux, oligoéléments et antioxydants. La cuisson au four et la friture sont les méthodes qui font le plus de dégâts, la cuisson à la vapeur douce ou à l’étouffée par contre préserve une grande partie des principes nutritifs et conservent bien mieux l’arôme des aliments. A toutes les températures, des éléments nutritifs disparaissent et des transformations chimiques s’effectuent dans la composition des aliments. De 45 à 75° par exemple tous les ferments enzymatiques disparaissent, autour de 100° les minéraux et les oligoéléments sont perdus... et à 120° les dernières vitamines sont détruites et les lipides se transforment en goudrons, et les molécules de protéines deviennent deux fois plus difficiles à digérer !

 

Un aliment cru par contre garde toute sa haute densité nutritionnelle. Et certaines techniques connues en crusine viennent même multiplier la valeur nutritive et la biodisponibilité des nutriments comme le trempage, la germination et la fermentation.

* L’arrêt des aliments toxiques… En fait les bienfaits ne sont pas forcément dans l’apport de nourriture crue mais surtout dans le fait que nous stoppons la consommation d’aliments industriels, pasteurisés, stérilisés, irradiés, dévitalisés, raffinés, trop cuits totalement dépourvus de nutriments et souvent saturés en sucre, sel, exhausteurs de goût et matières grasses de mauvaise qualité. De plus nous arrêtons de consommer trop de glucides (amidons et féculents que sont les pâtes, le pain, le riz, les légumineuses et les pâtisseries.) La plupart des personnes perde alors du poids car l’organisme ayant beaucoup moins de glucose à réguler et à stocker, il va puiser son énergie dans ses réserves de graisse.

 

Nous stoppons aussi la prise de produits contenant les molécules de Maillard qui se cachent derrière la croûte bien dorée des baguettes, le caramel de la tarte Tatin, derrière tout ce qui est bien doré et bien rôti… Le brunissement et la modification de l’odeur trahissent cette réaction moléculaire qui nous empoisonne et accélère le vieillissement de notre organisme. Pareil pour les grillades, et particulièrement celles au charbon de bois, qui non seulement génèrent des molécules de Maillard mais apportent des qualités importantes de matière toxiques hautement cancérigènes. Par exemple, le benzopyrène dégagé par un kilo de viande grillée au charbon de bois équivaut à 600 cigarettes !!

* L’équilibre acido-basique... De la même façon qu’un terrain où la richesse du sol permet à une plante de naître et de croitre, la qualité de notre terrain interne détermine notre capacité à évoluer en bonne santé, à nous auto-guérir et à soutenir certains processus métaboliques. En fait pour être en pleine forme, le corps doit conserver un parfait équilibre acido-basique et un terrain acide est propice au développement de troubles dégénératifs. En effet, une alimentation à domination acidifiante, ainsi que le stress, la pollution, les états émotionnels négatifs créent un terrain organique acide. Le corps alors pour rétablir l’équilibre acido-basique va puiser alors dans ses réserves minérales (os, dents, cheveux, cartilages…), créant ainsi déminéralisation, douleurs musculaires et osseuses, inflammation, maladies dégénératives, cellulite ou prise de poids.

L’indice PRAL permet de classer les aliments selon leur capacité alcalinisante ou acidifiante. Ainsi nous savons que les céréales, la viande et les légumineuses sont acidifiantes et que la cuisson en général acidifie les aliments. Par contre l’alimentation vivante apporte des aliments alcalinisants comme les légumes, en particulier les légumes-feuilles, les fruits à maturité, les algues, les graines et oléagineux trempés et prégermés et légumes lacto-fermentés. L’alimentation nous l’avons vu n’est pas la seule source d’acidité et diverses pratiques comme la méditation, la contemplation ou encore le yoga peuvent compléter une alimentation alcaline en favorisant la bonne circulation des fluides corporaux, la bonne gestion des émotions, et la sérénité.

ll existe en pharmacies et dans certains magasins biologiques des bandelettes d’autotest de l’équilibre acido-basique, qui permettent de mesurer le pH urinaire. Plusieurs mesures sur une période d’au moins 15 jours sont nécessaires pour connaître l’état d’acidité de son organisme. En effet, le pH urinaire varie au cours de la journée (et de la nuit), selon les repas ou l’activité physique par exemple... Des résultats occasionnels indiquant un terrain acide ne sont pas alarmants. En revanche, si les valeurs se situent régulièrement en dessous de 6, il y a de fortes chances pour que l’organisme soit surchargé en déchets métaboliques acides et qu’il n’arrive plus à les éliminer normalement...

 

*Une alimentation riche en fibres et à index glycémique bas... Les aliments hyperglycémiants, (c’est-à-dire qui augmentent de manière importante le taux de sucre dans le sang) comme les produits raffinés, industrialisés, pauvres en bonnes graisses mais riches en sucres ajoutés, pré-cuits, trop cuits mettent notre santé à rude épreuve et sont la cause de maladies cardiovasculaires, du diabète et de l’obésité. En effet pour faire face à cet excès d’aliments à index glycémique élevé, le pancréas fabrique de l’insuline qui permet à l’organisme d’utiliser le sucre comme combustible. Les graisses ne sont alors plus utilisées pour l’énergie et sont donc stockées dans les tissus. Par ailleurs, les pics glycémiques provoquent une sensation de faim menant à la suralimentation et à la surconsommation d’aliments sucrés aux calories vides. A l’inverse, l’alimentation crue contient majoritairement des aliments à index glycémique bas comme les légumes à feuilles vertes, les graines germées, les fruits (excepté la banane et les dattes, surtout réduit en purée). De plus l’absence de fibres augmente l’index glycémique d’un aliment. En effet les fibres solubles (que l’on trouve surtout dans les pommes, poires, fraises, carottes) forment un gel visqueux qui ralentit la digestion et l’absorption du glucose. Plus un aliment ou une combinaison d’aliments contient de fibres, plus son index glycémique est bas. Et il se trouve que l’alimentation végétalienne est une source importante d’aliments riches en fibres, contrairement à la cuisine d’origine animale qui en est totalement dépourvue (viande, produits laitiers, œufs). Les fibres contribuent non seulement à une bonne régulation de la glycémie mais aussi à un bon fonctionnement du système digestif et permettent d’éliminer les mauvaises bactéries contenues dans le côlon. Elles maintiennent également une flore et muqueuse intestinale saine, et participent à une augmentation de la sensation de satiété.

* Le goût retrouvé des aliments… Lorsque l’on cuisine, cela sent bon et des fois même super bon ! Mais une fois dans l’assiette et dans notre bouche ce n’est pas forcément si exceptionnel… et il faut beaucoup de sel, du sucre, des épices, des condiments, des herbes et des sauces pour rehausser tout ça et réparer ce que nous avons immolé en chauffant les aliments…sans parler des exhausteurs de goûts qui bien souvent sont des poisons et déclenchent la soif. La crusine si elle ne dégage pas forcément d’odeurs alléchantes, est bien plus intéressante au niveau des saveurs lorsque nous la goûtons ! En crusine, nous avons enfin bien plus la possibilité de jouer avec les couleurs et les textures et de créer de magnifiques assiettes composées !

Ressources pour l'écriture de cet article :

La cuisine crue de Camila Prioli, Crudessence de David Côte et Mathieu Gallant, Le savoir convalescent de Vincent Cazaubon et Ségolène Quenin