Les algues bleues-vertes, la nourriture du futur


Les origines des algues bleues-vertes

Les micro-algues d’eau douce sont en quelque sorte nos « ancêtres biologiques » et constituent une des réponses aux problèmes actuels de faim dans le monde, de pollution par l’agroalimentaire et d’équilibre nutritionnel.

Apparus sur Terre il y a environ 3 milliards d’années, ces organismes microscopiques ont largement participé à la formation de conditions favorables à l’existence des formes de vie actuelles, en contribuant à enrichir l’atmosphère terrestre en oxygène. Ayant très peu évolué depuis leur apparition, les algues microscopiques ont ensuite su constamment s’adapter aux modifications qui ont transformé la planète jusqu’à aujourd’hui. Elles continuent de se développer naturellement au sein de lacs d’eau douce caractérisés par des eaux chaudes et alcalines, riches en éléments nutritifs.

En réalité, ni algue, ni végétal, elles appartiennent à la famille des cyanobactéries. Et seule la chlorelle peut vraiment être considérée comme une algue microscopique. Il s’agit en effet d’un organisme eucaryote, c’est-à-dire pourvu d’un noyau qui contient l’ensemble de son matériel génétique. La spiruline et la klamath sont en revanche des organismes procaryotes : dépourvus de noyau, leur matériel génétique est conservé directement au sein du cytoplasme.

Redécouverts par les occidentaux au XXème siècle, ces micro-organismes faisaient déjà partie du régime alimentaire de certains peuples depuis plusieurs centaines d’années… Au XVIe siècle, le conquistador espagnol Hernán Cortès rapporte dans ses mémoires avoir observé les Aztèques récolter la spiruline sur le lac Texcoco au Mexique. Ils la faisaient ensuite sécher au soleil avant de la consommer sous forme de gâteaux appelés « tecuitlatl ». La récolte de spiruline sauvage constitue aussi une tradition ancestrale en Afrique, en particulier parmi la tribu des Kanembous, établie au nord du lac Tchad, qui la déguste sous forme de galettes depuis la nuit des temps.

 

Des trésors nutritionnels

La richesse exceptionnelle en micronutriments de ces trois organismes permet de les qualifier de superaliments : vitamines, minéraux, acides aminés, enzymes, acides gras et pigments naturels s’y trouvent en grande quantité. Leur teneur en protéines végétales digestes et facilement assimilables est également remarquable : les protéines représentent en effet plus de la moitié de leur poids sec. Outre leur richesse en protéines végétales, la chlorelle, la klamath et la spiruline contiennent chacune l’ensemble des huit acides aminés essentiels et constituent une excellente source de fer biodisponible. Alcalinisantes, elles aident à désacidifier l’organisme et limitent ainsi le développement de pathologies inflammatoires. Quelques grammes par jour suffisent pour profiter de leurs bienfaits et enrichir son alimentation. Il est évidemment préférable de ne pas les faire chauffer pour bénéficier de leurs précieux nutriments.

Il est également important de noter que leur valeur nutritionnelle est tributaire de la densité et du profil nutritionnel de leur milieu de croissance ainsi que de la qualité des processus de récolte, de déshydratation et de conditionnement.

Et bien sûr de l'eau utiliser pour les cultiver, un excellent article ici à ce sujet !

D’ailleurs soyez vigilants si vous les utilisez sous forme de comprimés, car certains fabricants de compléments alimentaires ajoutent du stéarate de magnésium à leurs gélules/comprimés afin d’éviter que les ingrédients adhèrent au matériel de fabrication au cours du moulage et afin de maximiser leur rentabilité. Le stéarate de magnésium n’est pas une source de magnésium en soi. Il n’apporte aucun bienfait et il pourrait même avoir un effet dangereux et être un cancérigène certain pour l’organisme. Donc lisez bien les étiquettes, procurez-vous plutôt des algues certifiées bio ; et évitez les gélules qui en plus la plupart du temps ne sont pas du tout vegan mais sont conçues à base d'huiles de poisson...)

  • La chlorelle, un allié détox

Nourrissante, riche en vitamines (groupes B, C et E), cette microalgue détient le taux de chlorophylle le plus élevé du monde végétal (5 fois plus que la spiruline), d’où son surnom de « petite algue verte ». Pigment naturel essentiel à la photosynthèse, la chlorophylle joue un rôle majeur dans l’oxygénation de l’organisme en favorisant le transport de l’oxygène à travers les cellules sanguines et en purifiant le sang. Elle améliore également la réponse immunitaire et soutient les processus de cicatrisation en stimulant la régénération des cellules endommagées. Par ailleurs, la chlorelle participe aussi au bon fonctionnement du microbiote par sa capacité à assainir et à rééquilibrer la flore intestinale en soutenant le développement de bactéries probiotiques comme les lactobacilles. Riche en fibres, elle purifie les intestins et régule le transit en douceur en limitant constipation et ballonnements. Elle contribue également à diminuer l’acidité stomacale et exerce un rôle protecteur sur le foie. Enfin, la composition de la membrane cellulaire de la chlorelle, riche en hémicellulose, lui permet de fixer les métaux lourds et les dioxines qui circulent dans l’organisme avant de les évacuer par les voies naturelles. Elle constitue ainsi un précieux allié dans le cadre de processus d’épuration et de détoxication. D’ailleurs il est fortement recommandé de la prendre en petite quantité et d’augmenter progressivement les doses, surtout en cas de vertige ou de maux de tête dus à son puissant effet détoxiquant…

  • La spiruline, un concentré d'énergie

Particulièrement riche en minéraux (fer assimilable) et en vitamines B, E et K, la spiruline présente une teneur en protéines plus importante que la chlorelle. Sa consommation limite ainsi l’apparition de carences alimentaires, permet de renforcer les mécanismes de résistance de l’organisme et favorise le développement de la masse musculaire. De plus, elle stimule le tonus, augmente l’endurance et contribue à diminuer la fatigue physique.

La spiruline contient également plusieurs antioxydants capables de lutter contre les radicaux libres et de protéger l’organisme contre le vieillissement cellulaire et le stress oxydatif. On retrouve ainsi une forte concentration de caroténoïdes (provitamine A, luthéine, zéaxanthine) qui exercent notamment un rôle photoprotecteur, permettant de préserver la santé des yeux et de prévenir les maladies liées à la dégénérescence maculaire.

La spiruline concentre aussi un taux significatif de phycocyanine, un pigment bleu aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, dont la consommation permet de renforcer les défenses naturelles, de stimuler le système immunitaire et de revitaliser l’ensemble de l’organisme.

Grâce à l’énergie qu’elle apporte, la spiruline soutient l’activité et améliore les performances physiques, ce qui peut représenter un atout indéniable pour les personnes convalescentes ou dénutries, les sportifs, ou simplement celles et ceux qui font face à des périodes de surmenage et de fatigue occasionnelles.

 

  • La klamath, l'or cérébral

À l’inverse de la chlorelle et de la spiruline qui sont aujourd’hui cultivées en dehors de leurs milieux d’origine, à travers des systèmes clos (bassins) ou à ciel ouvert (tubes de verre installés sous serre), la klamath détient la particularité d’être uniquement disponible à l’état naturel, ce qui la rend à la fois plus rare et onéreuse. De surcroît, elle ne se développe que dans un seul endroit au monde : le lac Klamath supérieur, situé à plus de 1 200 mètres d’altitude dans une région volcanique de l’Oregon, au nord-ouest des États-Unis. Avant d’être découverte par les premiers colons européens au début du XIXème siècle, cette région abritait plusieurs communautés amérindiennes dont la tribu des Klamaths, qui vivait aux abords du lac. Les eaux du lac alimentées par les sources des chaînes de montagnes avoisinantes, sont d’une grande pureté et bénéficient à la fois d’un biotope exceptionnel, de caractéristiques géologiques uniques et d’un taux d’ensoleillement optimal. La richesse nutritionnelle du lac s’explique notamment par les dépôts volcaniques qui s’y accumulent depuis des milliers d’années et par un phénomène naturel d’eutrophisation.Gorgée de nutriments remarquables, ce micro-organisme constitue un trésor naturel aux vertus exceptionnelles, capable de jouer un rôle déterminant aussi bien sur l’équilibre cérébral et émotionnel, que sur la régénération cellulaire et l’immunité… Comparée à la chlorelle ou à la spiruline, la klamath (appelée aussi Aphanizomenon Flos-Aquae AFA) dispose d’une concentration en micronutriments et en principes actifs supérieure et plus variée. Elle représente aujourd’hui la forme de vie connue la plus riche en nutriments hautement assimilables, rassemblant 18 acides aminés, 56  minéraux, ainsi que de la vitamine B12 assimilable.

Comme la spiruline, elle comporte de la phycocyanine qui lui confère de remarquables propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, ainsi qu’une action revitalisante sur le système immunitaire. Et comme la chlorelle elle contient une certaine proportion de chlorophylle, pigment essentiel en ce qui concerne l’oxygénation et la purification de l’organisme. Toutefois, la klamath est la seule qui exerce une action neuroprotectrice et qui contienne de la phényléthylamine (PEA), appelée familièrement « molécule de la joie »… Cet acide aminé joue un rôle de neurotransmetteur et permet de réguler l’activité des neurones dopaminergiques liés à la sensation de plaisir, mais aussi à la gestion des mouvements, à la mémoire et à l’attention. C’est pourquoi la consommation régulière de klamath permet de renforcer la vigilance et la capacité de concentration, de stimuler la mémoire et d’améliorer la clarté mentale. La phényléthylamine affecte également l’activité des neurones sérotoninergiques, qui agissent sur le système nerveux central et influencent la modulation de l’humeur et des émotions, du sommeil et des comportements alimentaires. Partenaire cérébral de haute volée, la klamath participerait ainsi à l’équilibre mental et émotionnel en soulageant le stress et l’anxiété, tout en réduisant la fatigue nerveuse et les troubles liés à la dépression.

Quelques informations supplémentaires

Les algues bleues-vertes représentent vraiment d’important enjeux sociaux, sanitaires et environnementaux à l’échelle mondiale. En plus de leurs avantages considérables sur le plan nutritionnel, les cultures de chlorelle et de spiruline mobilisent des surfaces de culture plus réduites que celles indispensables à l’élevage ou à l’agriculture et consomment moins de ressources naturelles. Alors que l’eau potable devient une ressource de plus en plus rare et que la superficie des terres fertiles ne cesse de diminuer, le développement de fermes spécialisées dans la culture de chlorelle et de spiruline pourrait par conséquent représenter un enjeu fondamental dans les années à venir ! Plusieurs institutions internationales ont déjà souligné le rôle essentiel de la spiruline pour améliorer le problème de la malnutrition dans le monde. L’OMS l’a d’ailleurs désignée comme le « meilleur aliment pour l’humanité au XXème siècle », tandis que l’Unesco en parle comme « l’aliment idéal et le plus complet de demain »… Enfin la spiruline et la chlorelle font aussi partie des différentes souches de microalgues étudiées actuellement dans le cadre de recherches sur les biocarburants de troisième génération !

 

 

 

 

 

 

 

Le docteur : Bon, quels sont vos symptômes ?

Le patient : Bah, j'ai les oreilles qui sifflent, je vois des symboles géométriques et kaléidoscopiques quand je ferme les yeux et j'ai l'impression de communiquer avec des extraterrestres pendant mon sommeil !

Le docteur : Ok pas d'inquiétude à avoir. Votre corps est en fait en train de monter dans une fréquence de 5ème dimension et votre 3ème œil s'ouvre. C'est de plus en plus courant ! Je vais vous prescrire quelques tablettes de spiruline pour vous aider à vous adapter à tous ces puissants phénomènes cosmiques.

 

 

(AHA ! )

Comment les utiliser ?

Chacune de ses 3 algues bleues-vertes est commercialisée sous forme de paillettes, de poudre, de comprimés ou de liquide (et même fraîche pour la spiruline… plusieurs fermes artisanales ayant élu domicile en France ces dernières années !) Il est recommandé de les consommer plutôt le matin ou le midi pour profiter de leurs bienfaits toute la journée. On peut les prendre sous forme de cure à raison de 2 cures de 1 à 3 mois dans l’année par exemple (à l’automne pour renforcer son système immunitaire et au printemps pour éliminer les toxines), ou en entretien au quotidien en prenant une quantité moindre. Et évidemment il n’est pas conseillé de les prendre en même temps mais plutôt d’alterner selon nos besoins !

S’agissant de leur forme, en ce qui me concerne ma préférence va aux paillettes pour la spiruline que l’on peut saupoudrer sur des plats de crudités. J’en consomme environ 2 cuillères à soupe par jour. Pour la chlorelle je préfère l’utiliser en comprimés et je dois avouer que je suis capable de les mâchouiller tels quels, mais attention pas très glamour le sourire après AHA ! Et comme dit plus haut selon le terrain et votre sensibilité, il est vraiment conseillé de prendre des petites quantités pour commencer. Quant à la klamath je l’utilise plutôt en poudre en remplissant une bouteille d’environ 1 litre et demi d’eau avec environ 1 cuillère à café de klamath, que je bois ensuite mélangé à des jus de légumes ou des smoothies… Bref quelques recettes ici !

 

Et pour aller plus loin quelques ouvrages intéressants à lire :

 

 Spiruline : l’algue bleue de santé et de prévention  de Jean-Louis Vidalo, L’aliment le plus complet de la planète : l’algue bleu-vert AFA d’Anne-Marie Pietri,

Les micro algues : spiruline, chlorelle, klamath de Karolina Bocko et Abel Mambenda

 

Et un article très intéressant ici :

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/03/17/quelle-eau-pour-votre-spiruline/